Benoît Senior, avant d’évoquer la plateforme Kroqi, pouvez-vous nous présenter ADN Construction ?

ADN Construction c’est l’Association pour le Développement du Numérique dans la Construction. L’association est née juste avant l’été 2017 de la volonté de 12 organisations professionnelles représentatives de la filière. Les membres fondateurs de l’association sont :

  • AIMCC (Association Française des Industries des Produits de Construction)
  • CAPEB (Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment)
  • CINOV (Fédération des syndicats des métiers de la prestation intellectuelle, du conseil de l’ingénierie et du numérique)
  • EGF BTP (Entreprises Générales de France Bâtiment Travaux Publics)
  • FFB (Fédération Française du Bâtiment) – FPI (Fédération des Promoteurs Immobiliers)
  • FIEEC (Fédération des Industries Electriques)
    Electroniques, et de Communication)
  • LCA FFB (Les Constructeurs Aménageurs de la FFB)
  • UNGE (Union Nationale des Géomètres Experts)
  • Unsfa (Union Nationale des Syndicats Français
    d’Architectes)
  • UNTEC (Union Nationale des Economistes de la Construction)
  • USH (Union Sociale pour l’Habitat)

 

La filière a souhaité prendre en main sa transition numérique, à la fin du Plan de Transition Numérique du Bâtiment (PTNB). ADN Construction a été nommée comme pilote du nouveau “ Plan BIM 2022 ”, pouvez-vous nous en parler ?

Le Plan BIM 2022 est la traduction opérationnelle de la charte d’engagement volontaire signée lors du dernier salon BATIMAT en 2017. Cette charte vise à inciter ses signataires à faire du BIM une pratique courante à horizon 2022. Le ministre a souhaité s’appuyer sur les recommandations d’ADN, qui lui ont été remises sous la forme d’une feuille de route en février 2018, pour mettre au point ce nouveau plan qui suit le PTNB. Le plan BIM 2022 s’articule autour de deux axes et 8 actions dont les 7 premières sont portées par ADN Construction :

Axe 1 : Généraliser la commande en BIM dans l’ensemble de la construction

  • Action 1 : Fiabiliser et sécuriser la commande en BIM.
  • Action 2 : Simplifier le contrôle et l’autocontrôle du projet.
  • Action 3 : Définir et assurer la prise en compte des besoins de la filière dans les travaux sur les normes BIM, les accélérer et les faire converger.
  • Action 4 : Observatoire du BIM dans la construction.

Axe 2 : Déployer le BIM dans les territoires

  • Action 5 : Développer les outils de formation accessibles au plus près des territoires.
  • Action 6 : Évaluer sa maturité en BIM et la faire reconnaître par tous.
  • Action 7 : Constituer un écosystème dynamique permettant à l’ensemble des acteurs d’échanger au niveau local.
  • Action 8 : Permettre aux acteurs de collaborer concrètement en BIM avec la plateforme Kroqi et son écosystème d’outils simples et adaptés aux professionnels.

Le plan est présidé par M. Yves Laffoucrière et dispose d’un budget total de 10 M€. Pour cette année 2019, les actions 1 et 4 sont considérées comme prioritaires car répondant à un besoin urgent des acteurs sur le terrain. Nous sommes donc au travail aux côtés des organisations professionnelles et des pouvoirs publics pour mener ce plan. Il faut du concret pour que les acteurs puissent sereinement réaliser leur transition numérique.

 

La 8e action du plan concerne Kroqi : comment cette plateforme a-t-elle vu le jour et à quoi sert-elle ?

Kroqi est la plateforme née du PTNB, elle a été mise en place pour répondre à un besoin d’outils simples pour sensibiliser à la démarche BIM. Elle est née de la concertation des organisations professionnelles membres du PTNB qui ont exprimé leurs besoins aux équipes du CSTB (Centre Scientifique et Technique du Bâtiment).

Un prototype a été testé et challengé par un petit groupe d’experts puis élargi lorsque la plateforme est passée en beta. Depuis le dernier salon BIM World, elle est sortie en version 1 et est donc disponible pour tous les professionnels.

Cette plateforme collaborative BIM réunit des fonctions de partage de documents, de visio-conférence, de commentaires sur les documents, etc. La plateforme possède deux aspects, un aspect GED (Gestion Electronique de Document) assez évolué et un volet service tiers qui sert à connecter des services et des plugin développés par des tiers.

 

Pour tous les acteurs, la sauvegarde et la protection des données dans la durée est une priorité absolue. Quelle garantie offre aujourd’hui la plateforme ?

La plateforme Kroqi est hébergée en France, ce qui est de nature à rassurer la plupart des acteurs, puisqu’elle tombe sous le joug du nouveau RGPD (loi sur la protection des données personnelles). De plus, il s’agit d’une plateforme mise au point par le CSTB, organisme très proche de l’État puisqu’il s’agit d’un EPIC (Etablissement Public d’Intérêt Collectif).

Mais cela n’est pas suffisant, c’est pourquoi le CSTB et les organisations professionnelles ont souhaité accentuer la sécurité sur la plateforme. Mais aujourd’hui le niveau de sécurité est suffisant pour la plupart des projets courants. En ce qui concerne la pérennité des données dans le temps, c’est une vraie problématique et c’est aussi le sens de l’action 3, qui porte sur la normalisation. Nous devons pouvoir garantir aussi que les logiciels de 2030 pourront lire des fichiers créés en 2019, par exemple.

Pour cela, la filière s’implique à tous les niveaux de normalisation (national, européen, et mondial) pour que les évolutions sur le format puissent se faire.

Benoît Senior, secrétaire général d’ADN Construction

Lionel Blancard de Léry, référent BIM de l’Unsfa, président des Clubs Prescrire et BIM Prescrire