Architectes, pour un combat collectif et une profession solidaire

La loi sur la réforme des retraites fait couler beaucoup d’encre et en particulier sur les réseaux sociaux. Les positions de l’Unsfa et la façon dont nous avons choisi de défendre les architectes face à cette réforme sont attaqués quotidiennement.

Chacun est habité par la volonté de défendre notre profession et les passions se déchaînent car nous sommes, tous, passionnés par notre métier et nous nous souhaitons de meilleures conditions d’exercice, aujourd’hui, mais aussi pour celles et ceux qui exerceront demain.

Passionnés est bien le mot : il en faut de la passion pour exercer un métier attaqué de toutes parts et il faut beaucoup d’abnégation pour défendre cette profession et ceux qui l’exercent : nous devons constamment lutter pour donner des moyens à nos enseignants et aux écoles, lutter pour que les jeunes diplômés puissent exercer le métier qu’ils ont choisi, lutter pour que s’expriment les architectes au sein de leurs agences mises à mal par les missions partielles, par les appels d’offres où seul le prix compte et les rémunérations insuffisantes pour des missions toujours plus complexes ; lutte d’hier contre la loi Elan, lutte d’aujourd’hui pour la sauvegarde des régimes de retraite, lutte encore contre la précarité des emplois du fait du dumping des honoraires.

Les gouvernements se succèdent, ils ont un intérêt fluctuant pour l’architecture et pour les architectes. Mais ce que nous, professionnels, constatons depuis de nombreuses années, c’est bien la paupérisation de la profession et la grande difficulté économique de nombreux confrères.

Nous sommes agressés au quotidien ; alors que l’architecture est d’INTERET PUBLIC, pourquoi ceux qui concourent à la décision politique et au financement des constructions nous agressent-ils autant ? veulent-ils tuer les créateurs de leur cadre de vie d’hier, d’aujourd’hui et de demain ??

Veulent-ils des villes et des lieux de vie invivables alors que, lors de la loi Elan nous avions mis en avant la valeur ajoutée de l’architecture sur le cadre de vie, le patrimoine, les usagers ?

En tant que syndicat professionnel nous avons le rôle, la chance mais aussi la conviction, que notre union fait notre force car elle nous positionne comme un interlocuteur de nos institutions dans un combat collectif et solidaire.

Nous avons donc saisi cette opportunité pour construire et appuyer nos positions sur la réforme des retraites via l’UNAPL. Nous avons préféré négocier et nous avons obtenu les mêmes engagements du gouvernement que pour ceux qui sont descendus dans la rue.

Certes notre action a été moins médiatique mais tout aussi favorable à TOUS les architectes, syndiqués ou non.

Et c’est cela notre force : lorsque l’Unsfa fait avancer le débat, c’est TOUTE la profession qui en profite : dialogue paritaire, reconnaissance du rôle de l’architecte dans la rénovation énergétique des copropriétés, négociation sur le rôle des architectes dans le processus BIM, mission sur l’évaluation de la loi Elan, mission sur le logement social, réouverture du débat sur la formation initiale et la formation continue, sur l’insertion des jeunes dans la profession….

L’Unsfa a bien son rôle dans l’évolution de la profession et c’est un acte fort, volontaire et désintéressé (car nous sommes tous bénévoles) que d’adhérer à notre Union. On peut ne pas être d’accord avec les positions prises par notre syndicat et défendre sa vision des choses au sein d’instances décisionnaires et démocratiques qui le composent, on peut s’affilier ailleurs ou créer un nouveau syndicat si l’on ne se sent pas représenté ou écouté, on peut descendre dans la rue à titre personnel pour y défendre ses convictions de citoyen, en dehors de toute position syndicale, mais on doit se positionner et se fédérer.

L’heure n’est donc pas aux luttes fratricides, nos prédateurs sauront nous diviser et se repaître de nos agences en déshérence. Il faut rester vigilant, agir pour le bien commun et l’heure est plutôt à l’unité et aux alliances que nous pourrons trouver, tout en respectant nos différences, entre nos organisations, nos associations professionnelles et nos groupes d’influence.

Ce qui prime c’est notre capacité à concevoir le cadre de vie de TOUS, et que chacun respecte nos compétences professionnelles avec une juste rémunération.

Jean Michel WOULKOFF, président de l’Unsfa

Lire le dossier consacré à la réforme

Lire le dossier « Avant la réforme »

Consulter le Passion Architecture n°70 « Spécial 50 ans »